La norme. Aujourd’hui j’avais envie de parler d’un sujet qui me tient à cœur. On a tous.tes déjà entendu “c’est normal” ou à l’inverse “ce n’est pas normal”. Mais qu’est-ce qui n’est pas normal finalement ? Le fait d’être différent ? Cela veut-il dire que l’on est “bizarre” si l’on sort de cette norme ? Et c’est quoi la norme au juste ? Être comme tout le monde ? Cela voudrait dire que nous sommes tou.tes pareil.les. Or, c’est complètement impossible. Nous sommes tou.tes différent.es. Et c’est normal. Là je vous ai perdus. Je me suis perdue aussi, je vous rassure. 

La norme d’aujourd’hui, n’est pas la même que celle d’hier. Les temps changent. Les sociétés changent. Les mentalités changent également. Mais d’où vient ce terme ? Comment est-il apparu dans nos vies. À quelle époque ? Comment aujourd’hui arrive-t-on à vivre avec ou au travers de ces règles ? Et d’ailleurs, quelles sont ces lignes de conduite actuellement ? Voilà toutes les questions que je me pose sur le sujet.

D’où vient la norme ?

Un peu d’Histoire

La norme est traditionnellement l’un des modes d’expression privilégiés de la souveraineté. Elle fut d’abord utilisée pour les sciences, puis pour l’industrie, l’économie et les services. Puis, la notion de norme s’est élargie depuis quelques décennies pour englober les sciences humaines, comme la sociologie.

La norme nous vient, notamment, de Hans Kelsen qui est le fondateur de la hiérarchie des normes, aussi appelée pyramide de Kelsen. Selon lui, « L’ordre juridique n’est pas un système de normes juridiques placées toutes au même rang, mais un édifice à plusieurs étages superposés, une pyramide d’un certain nombre d’étages ou couches de normes juridiques. ». Concrètement, que cela signifie-t-il ? Toujours selon ce dernier, les normes sont hiérarchisées et classées : une norme inférieure doit se soumettre à la norme qui lui est supérieure. Mais tout ça reste bien trop vague, je trouve. Avec son système pyramidal, il hiérarchise toutes normes en mettant la constitution tout en haut de la pyramide. Soit la plus importante à respecter. 

La norme : des codes sociaux

La norme sous-entend cette notion de pouvoir dans une société. Car pour qu’une règle de vie entre en vigueur, elle doit être acceptée par la majorité. C’est la loi du plus grand nombre. Par exemple, si la majorité des gens aujourd’hui décident de ne plus mettre de vêtements, les personnes qui sortiront avec des habits seront considérées hors-normes. Eh oui, c’est très bizarre comme cela, mais c’est exactement ça !

Pour parler franchement, aujourd’hui, une personne vivant hors de la norme est rejetée par les autres. Elle se retrouve alors en marge de la société. Les normes que l’on connaît actuellement ne sont pas officielles, mais bien officieuses. On le sait au fond de nous. On les a appris dès le plus jeune âge, ces fameux codes sociaux. 

Mais qu’en est-il des personnes atteintes d’un trouble autistique ? Elles ont bien plus de mal à assimiler ces fameuses règles justement. Et je trouve ça génial, moi. Car elles nous rappellent que finalement, nous nous sommes enfermés dans des codes, des règles, que l’on s’impose au quotidien. Car les normes ne sont souvent pas visibles à ceux qui les portent. Et nombre d’entre nous, j’en suis persuadée, suivent ces codes à contre-coeur. Et c’est ça qui est vraiment dommage. Dès qu’une personne n’entre pas dans le moule, de façon consciente ou inconsciente, elle sera rejetée. La norme est plus ou moins inconsciente en nous. Mais j’aimerais aujourd’hui, qu’on en soit plus conscient. 

Pour vous donner un exemple : actuellement, la norme de notre société au sujet des couples traditionnels est hétérosexuelle. Donc un homme avec une femme. Inconsciemment, face à un couple formé différemment de ce dernier, nous réagirons. Ne serait-ce que par une pensée, même bienveillante. “Oh deux hommes qui se tiennent la main, c’est choupi”, et pourtant, est-ce que vous auriez eu la même réaction face à un couple hétérosexuel ?

La norme : être en marge

Qui dit norme, dit marge, persécution. Par le passé, l’Église catholique utilisait l’excommunion afin de rejeter la personne qui ne se pliait pas à ses règles. Heureusement, aujourd’hui la religion a nettement changé, mais la norme s’est étendue à notre société et elle est encore bien forte. On ne l’appelle plus “péché”, mais plutôt “hors-norme”. Aujourd’hui, certes, le couple est plus libre qu’avant, mais il reste encore bien du travail sur le sujet (par exemple). Qu’en sera-t-il dans 10 ans ? Telle est la question.

Mes ouvrages sur la norme

BD Les petites victoires de Yvon Roy

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  • Synopsis

Comment dire à son fils tant désiré qu’il est le plus formidable des petits garçons malgré le terrible diagnostic qui tombe comme un couperet : autisme, troubles psycho-moteurs, inadaptation sociale.

C’est le combat que va mener ce père, resté uni à sa femme malgré leur séparation, pour transformer ensemble une défaite annoncée en formidables petites victoires.

  • Ce que j’en retiens

C’est un témoignage assez bouleversant. Celui d’un père dont le combat est quotidien. Il s’adresse à tous les parents qui vivent également cette expérience d’avoir un enfant autiste à charge, mais également pour éduquer les autres, vous et moi, sur l’autisme. Et nous faire comprendre que ce n’est pas une fatalité. Il faut de la patience, certes du courage également, pour apprendre à son enfant les choses de la vie.

  • Ce que j’ai adoré 

Une BD pleine de douceur et de couleur. Pleine de poésie également. On s’attache vraiment aux deux personnages. Et on se demande comment ils vont évoluer. Je recommande sincèrement cette BD. 

Livre Petite de Sarah Gysler

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  • Synopsis

« Je suis née au milieu des années nonante dans une famille décomposée. Petite, on a tenté de m’expliquer que j’avais des « origines » par ma mère et un père qui ne peut plus courir parce qu’il a trop travaillé. En classe, j’écoutais des professeurs désabusés me raconter comment réussir ma vie. Plus tard, on m’a dit que je travaillerai dans un bureau parce que c’est ce qu’il y avait de mieux pour moi, qu’assez vite j’aurai un mari, une maison, puis des enfants, qui verront le jour presque par nécessité. À vingt ans, j’ai arrêté d’écouter les gens et je suis partie. Seule, en stop et sans un sou en poche. J’ai traversé l’Europe jusqu’au Cap Nord, sans autre but que de ne pas pourrir chez moi. On peut dire que j’ai fui. C’était mon premier grand voyage… »

  • Ce que j’en retiens

Nous sommes totalement dans le sujet. Sarah se sent complètement différente des autres et n’adhère pas à ce qu’on lui demande de faire. Elle comprendra qu’elle est hypersensible et se fout de ressembler aux autres. L’important pour elle est de se concentrer sur l’essentiel et d’arrêter de faire ce qu’on lui demande de faire, mais plutôt ce qu’elle veut faire. Ne plus suivre la norme.

  • Ce que j’ai adoré

On entre vraiment dans sa tête. C’est un récit autobiographique de l’écrivaine, du moins c’est ce que j’en ai conclu On sent toutes les émotions de Sarah. Sa colère, sa tristesse, mais également sa joie, ses peurs, ses angoisses. À travers toutes ses émotions, nous vivons et comprenons son cheminement. Avec toutes ses questions qui restent en suspens. 

La norme : Pour toi, c’est quoi la norme aujourd’hui ?

La norme, c’est une grande question.

Pour moi c’est une ligne de conduite. Quelque chose que l’on doit suivre en société. Quelque chose qui nous enferme dans un groupe. Car si l’on ne suit pas cette norme, ces codes, nous ne serons pas les bienvenus. Nous serons rejetés. S’en suit peut-être un mal être, un malaise venant du fait que suivre ces règles ne nous convient pas, ne nous ressemble pas. Où bien aussi, un malaise dû au fait d’être rejeté. Peut-être même plusieurs fois. 

Une norme, c’est lorsqu’on dit, tu es ou tu n’es pas normal. C’est à dire que tu ne suis pas le mouvement. Que tu ne fais pas comme les autres. Que tu es sans doute “bizarre”. Mais est-on vraiment nous-même en suivant la norme ? Car si nous faisons tous la même chose, que nous suivons tous le même chemin, tout le monde se ressemblerait. Du moins, en apparence. Mais est-ce que nous serions heureux.se ?

Être normal.e, oui, si l’on veut s’intégrer dans une société, cela peut-être une astuce. Mais à quel prix ? Suivre la norme peut être rassurant aussi parfois. Car l’on trouve nos semblables. On voit des similitudes avec les autres. Et cela nous apaise…peut-être, ou pas. 

Mais est-ce bien normal tout ça ?

Se cloîtrer dans quelque chose qui ne nous ressemble pas peut avoir des conséquences sur nous. C’est pourquoi, je pense, il est important de se connaître avant tout. Et qu’avant de suivre une règle, un groupe, un mouvement, il faut se poser les bonnes questions. Est-ce que cela me ressemble ? Est-ce que cela me convient ? Cela correspond-il à mes valeurs ? Cela me rendrait-il plus heureux.se ? Ou inversement. 

Se poser les bonnes questions est le meilleur moyen de savoir si l’on va dans la bonne direction. Norme ou pas norme, finalement, cela peu importe. 

Pour conclure

La norme est quelque chose que chacun définit à sa manière. Nous avons tous.tes notre propre définition et notre propre ressenti vis à vis de cela. Chacun.e est libre de faire ce qu’iel ressent et suivre ou non un mouvement. L’important est de savoir s’écouter et d’éviter d’aller à l’encontre de notre identité profonde. 

Je remercie Julianne, Célia et Justine pour leur participation à cet épisode (dont vous trouverez les témoignages dans la version audio).

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