Février arrive souvent avec son lot de cœurs rouges, de vitrines roses et de messages qui parlent d’amour à deux.
L’amour romantique. L’amour passion. Comme dans les films…

Et pourtant…
Pour beaucoup, février est aussi un mois un peu froid, parfois lourd.
Un mois où l’on peut se sentir seul.e, fatigué.e, en décalage.
Un mois où la Saint-Valentin peut réveiller des manques, des blessures, des comparaisons.

Alors cette année, j’avais envie de prendre février à contre-courant.
Et si on parlait d’un amour moins mis en avant, moins spectaculaire, mais pourtant fondamental : l’amour de soi.

Un sujet encore peu abordé en France, parfois mal compris, souvent caricaturé.
Un sujet qui dérange un peu, aussi.
Parce qu’on l’associe trop vite à l’égoïsme, au narcissisme, ou à une forme de développement personnel “trop perché”.

Et pourtant…
S’aimer soi-même, ce n’est pas se regarder avec des paillettes dans les yeux tous les matins.
C’est beaucoup plus simple et beaucoup plus profond que ça.


L’amour de soi : loin des clichés Instagram

Quand on parle d’amour de soi, on imagine parfois :
– Quelqu’un de sûr de lui-elle
– Quelqu’un qui ne doute jamais
– Quelqu’un qui “sait ce qu’iel veut”
– Quelqu’un qui prend soin de soi à coups de bains moussants et de citations inspirantes

Mais dans la vraie vie, l’amour de soi ressemble rarement à ça.

S’aimer soi-même, ce n’est pas être au top tous les jours.
Ce n’est pas avoir confiance en permanence.
Ce n’est pas s’adorer, ni se trouver extraordinaire à chaque instant.

L’amour de soi, c’est souvent discret. Silencieux. Invisible.

C’est parfois juste :
– S’autoriser à ralentir quand le corps dit stop
– Écouter ce malaise intérieur qu’on a trop longtemps ignoré
– Accepter de ne pas aller bien sans se juger
– Arrêter de se faire violence “pour faire plaisir”

L’amour de soi, ce n’est pas une performance.
Ce n’est pas une version améliorée de soi à atteindre.
C’est une relation vivante, mouvante, imparfaite.


Pourquoi l’amour de soi reste un sujet tabou

En France, on parle peu d’amour de soi.
Ou alors, on en parle mal.

On nous a appris à être modeste, à ne pas trop nous mettre en avant, à penser aux autres avant nous.
On valorise le don, le sacrifice, l’effort.
Et quelque part, prendre soin de soi peut encore être perçu comme une forme de faiblesse… ou d’égoïsme.

Dire “je me choisis” peut déranger; ou bien “je mets une limite” peut faire peur; ou encore “là, je ne peux pas” peut culpabiliser.

Alors beaucoup continuent d’avancer en s’oubliant un peu.
En faisant passer les besoins des autres avant les leurs.
En se parlant durement, en se mettant la pression, en se demandant toujours “est-ce que j’en fais assez ?”.

Et si l’amour de soi, ce n’était pas se retirer du monde…
Mais habiter sa vie autrement ?


L’amour de soi au quotidien : des gestes simples, mais puissants

L’amour de soi ne demande pas de tout changer.
Il ne demande pas de révolution.
Il commence souvent par de petits ajustements.

Par exemple :
– Apprendre à dire non sans se justifier pendant dix minutes
– Se reposer sans attendre d’être épuisé.e
– Reconnaître ses émotions sans les minimiser
– Se parler comme on parlerait à un.e ami.e

C’est aussi accepter que certaines périodes soient plus floues.
Que l’on doute.
Que l’on ne sache pas toujours ce qu’on veut.

S’aimer soi-même, c’est rester à ses côtés, même quand tout n’est pas clair.
Même quand on n’est pas fier.e de soi.
Même quand on a l’impression de stagner.

C’est se dire : “Je ne vais pas me lâcher la main maintenant.”


Février : un autre regard sur l’amour

Et si février devenait un mois pour revenir à soi ?
Un mois pour questionner la manière dont on se traite, intérieurement.

Comment je me parle quand je fais une erreur ?
Est-ce que je m’accorde autant de compréhension que j’en donne aux autres ?
Est-ce que je m’écoute vraiment, ou est-ce que je fais semblant d’aller bien ?

L’amour de soi n’est pas figé.
Il évolue, se fragilise parfois, se reconstruit souvent. Il y a des jours où il est évident.
Et d’autres où il demande un effort conscient.

Mais il mérite qu’on s’y attarde.
Pas seulement en février.
Mais peut-être que février est un bon point de départ.


Et si on se parlait avec un peu plus de tendresse ?

L’amour de soi ne se décrète pas. Il ne se force pas, se cultive, doucement, à son rythme. Il commence peut-être par une question simple :
“De quoi j’aurais besoin, là, maintenant ?”

Pas dans six mois. Pas quand tout ira mieux. Mais maintenant !

S’aimer soi-même, ce n’est pas devenir quelqu’un d’autre.
C’est apprendre à se respecter tel.le que l’on est.

Alors en ce mois de février, si l’amour romantique te parle… tant mieux.
Et s’il ne te parle pas ou pas cette année… c’est OK aussi.

Peut-être que l’amour le plus important à nourrir, c’est celui qui te permet de rester debout, de respirer, d’avancer. Celui qui te permet de te sentir chez toi, en toi.

Et ça, ce n’est ni égoïste, ni prétentieux.
C’est profondément humain 🧡.


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